Le problème avec le Wwoffing...

Sur le papier, le principe du Wwoofing laisse rêveur : des milliers de fermes à travers le monde vous ouvrent leurs portes contre quelques coups de main. Dans la réalité, j’ai réalisé que le wwoofing cache une partie bien plus sombre. La réussite de l’expérience est aléatoire à bien des niveaux. Dans cet article, je vous propose de faire le point sur les limites du wwoofing.

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La charte du Woofing, une option ?


WWOOF France est une association. Par conséquent, ses objectifs sont fixés et expliqués dans une charte lisible par tous. En théorie, les Wwoofeurs et les fermes donnent donc leur accord pour s’engager tel que décrit dans la Charte. Je dis bien en théorie car en pratique, il n’y a aucun document à signer ni aucun engagement concret de la part des participants. On vous conseille bien-sûr de lire la Charte, mais si vous ne la lisez pas, vous pourrez tout de même régler les frais d’inscription et vous présenter chez l’hôte que vous avez contacté. De même, la charte n’est pas très explicite. En fait, le bon déroulement de l’expérience dépend majoritairement de la façon dont les hôtes ont décidé d’organiser leur wwoofing (et de la bonne volonté du Wwoofeur) et des raisons pour lesquelles ils ont choisi d’héberger des Wwoofeurs.

Combien de Wwoofeurs lisent réellement la réglementation du wwoofing avant de s’engager ? Peu, certainement. Alors une fois sur place, le Wwoofeur peu averti peut être amené à faire n’importe quelle tâche exténuante, pour n’importe quelle durée en pensant que c’est normal, qu’après tout, il s’est engagé bénévolement pour travailler dans une ferme. Erreur.

Le Woofing, d’abord un échange humain

Comme le précise la Charte, le Wwoofer est libre d’accepter l’exécution d’une tâche et il n’a aucune obligation de performance ou de productivité.

Par conséquent, il ne faut pas être gêné de demander à faire des pauses si le besoin s’en fait ressentir ou d’exprimer le souhait de changer d’activité. Le Wwoofeur apporte gratuitement son aide à l’hôte. C’est votre temps et votre énergie que vous offrez généreusement à une ferme contre de nouveaux apprentissages et savoir-faire. Vous n’êtes en aucun cas redevable à l’hôte à travers le travail effectué. Il s’agit plus d’un échange humain basé sur la bienveillance et la découverte mutuelle.

Gardez cela en tête : le Wwoofing ne doit absolument pas répondre à un besoin de rendement pour l’hôte car sinon cela engendre immanquablement une pression et un rapport subalterne avec l’hôte.

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De la main d’œuvre gratuite

Cependant, j’ai constaté à travers mes expériences que le wwoofing est souvent utilisé comme un moyen de main d’œuvre gratuite pour faire fonctionner la ferme. Bien que cette pratique aille à l’encontre de la Charte, qui va vérifier l’intégrité de chaque ferme ? Personne. Les Wwoofeurs sont invités à laisser des commentaires sur leur expérience. Mais là encore, rien n’est obligatoire, et aucun mail de relance ne rappelle aux wwoofeurs le petit coup de pouce qu’ils peuvent apporter à la communauté en évaluant leur hôte. D’ailleurs, le profil des wwoofeurs est aussi avare en historique : impossible pour l’hôte de savoir s’il a déjà fait du wwoofing ailleurs et comment les expériences se sont passées.

Concrètement, que peut-on améliorer ?

Je pense que les dysfonctionnements que je viens d’évoquer ici démontrent aisément les limites du wwoofing en matière de sécurité et d’engagement. Je suis persuadée qu’un système d’avis interposés obligatoires, comme sur AirBnB par exemple, renforcerait la sécurité des participants et garantirait de meilleures rencontres.

De mon humble avis, il est aussi nécessaire que l’association définisse plus clairement les conditions d’activités. En bref, qu’elle s’engage plus franchement. Elle est le pont entre l’hôte et le Wwoofeur. Elle est donc la mieux placée pour éviter les partis pris. Une fois que le Wwoofeur est installé chez l’hôte, il devient plus délicat de traiter la question des activités et la durée de travail évoquée vaguement par téléphone. Le site du wwoofing devrait donc offrir des garanties solides et communes à toutes les expériences proposées, et ce même avant l’inscription.

Le Wwoofing est un très beau concept. Protégeons-le, consolidons-le.

[Note : les illustrations de cet article sont tirées du site de partage de photos Unsplash.com]