Vivre sans frigo, c'est possible !

Il y a quelque mois, alors que je vivais mon premier séjour dans une ferme, j’ai découvert qu’il était possible de manger sainement sans réfrigérateur. Bien-sûr j’avais déjà entendu des témoignages de personnes s’étant totalement débarrassées de leur électroménager au profit du fait-main et de l’huile de coude, mais je voyais cela comme un style de vie marginal et tédieux, non superposable à mon style de vie parisien. Eh bien, j’avais tort…

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Le frigo : un besoin jamais remis en question

Je suis issue d’un modèle familial classique : deux adultes et deux enfants. Notre façon de conserver était aussi plutôt classiques pour des Français : nous avions deux réfrigérateurs (avec congélateurs) dans la maison, soit un réfrigérateur pour deux personnes. C’est énorme !

A l’époque, personne ne serait venu remettre en question notre manière de stocker. Le réfrigérateur était - et est toujours - considéré comme indispensable pour conserver notre nourriture et organiser nos repas sur la semaine. Etonnant quand on sait qu’avec une consommation d’environ 300kWh par an, le réfrigérateur est l’appareil le plus énergivore de la maison.

Récemment, mon séjour dans une ferme a bouleversé ces certitudes. Là où je séjournais, il n’y avait tout simplement pas de réfrigérateur. Pas du tout, même pas un tout petit. Et pourtant, nous étions une dizaine de bouches à nourrir, trois fois par jours. Pour conserver les produits au frais (principalement des fruits et légumes), nous les stockions dans une pièce fraîche aux murs de pierre, accolée à la cuisine. Et une fois par mois, nous descendions au marché pour faire à nouveau le plein de victuailles.

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C’est décidé, j'éteins mon frigo !

A mon retour à Paris, j’ai voulu tenter l’expérience d’éteindre totalement mon frigo. En fait, cela faisait quelque temps que je me lamentais du gaspillage d’énergie engendré par mon réfrigérateur pour conserver en tout et pour tout une motte de beurre et quelques légumes. Ne cuisinant plus de viande, ne consommant pas de plats préparés et évitant les desserts froids qui me figent l’estomac, le contenu de mon frigo s’était peu à peu réduit à peau de chagrin. Il était temps de tenter l’expérience !

Nous étions en mars. Dehors la température oscillait entre 0 et 5°C. Comme la température intérieure de mon réfrigérateur. J’ai donc tout simplement stocker le contenu de mon frigo sur mon balcon dans des boîtes fermées pour que les oiseaux ne viennent pas picorer (on ne sait jamais !). Je finissais mes fruits et légumes sous 3-4 jours, parfois plus, mais je les ai toujours retrouvés en très bon état. J’ai même eu l’impression qu’ils pourrissaient moins vite que dans mon frigo.

En me documentant sur la chose, j’ai découvert en effet que tous les produits ne sont pas à conserver au réfrigérateur. Pour certains, comme les tomates, les salades, les pommes et les avocats, le frigo peut diminuer leur temps de conservation. Aïe !

Nous nous sommes tellement entendu dire que les aliments se conservent mieux au frigo que nous avons appliqué ce précepte à pratiquement tous nos aliments de consommation sans réfléchir. Pourquoi garder des oeufs au frais alors que nous les achetons à température ambiante ? Et le café ? Et tous nos fruits et légumes ?

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Bilan de l’expérience

Deux mois après l’arrêt totale de mon réfrigérateur, j’étais convaincue que le frigo n’était qu’un énième besoin de consommation que nous nous étions créés. Puis le mois de Mai est arrivé et, avec lui, les premières vagues de chaleur sont apparues. Soucieuse de ma santé, j’ai préféré rallumer mon frigo pour maintenir les aliments les plus sensibles dans une zone de fraîcheur. Eh oui, dans mon appartement parisien, il ne m’est pas donné d’avoir une pièce avec des murs de pierre qui conserve la fraîcheur, comme à la ferme !

Pendant mes deux mois d’expérience, je n’ai jamais eu aucun problème digestif et mes aliments ont gardé bonne allure. Je n’ai qu’un tout petit accident à déclarer : une botte de radis dont les fanes ont commencé à moisir dans mon placard. Ici, mon erreur a été de placer les radis dans un espace confiné, plutôt chaud, ce qui a favorisé le développement de champignons. Comme le précise Marie Cochard dans son excellent livre “Mon année sans frigo… ou presque !”, les aliments doivent être placés dans un espace qui permet le déplacement de l’air. Autrement dit, remplacer son frigo par un placard, on oublie ! Je vous conseille d’ailleurs la lecture complète de l’ouvrage pour en savoir plus sur la conservation naturelle des différents types d’aliments que nous stockons habituellement dans notre frigo. Et même si vous n’envisagez pas de vous passer de votre fidèle pièce d'électroménager, vous y apprendrez quelques astuces qui vous permettront d’optimiser la conservation et les saveurs de vos aliments.

Et vous, êtes-vous tentés par l’expérience ? Une semaine, une quinzaine de jours, un mois… Seriez-vous prêts à remettre en question l’utilité du réfrigérateur… et à vivre sans lui ?


[Note : les illustrations de cet article sont tirées du site de partage de photos Unsplash.com, à l’exception des photos du livre de Marie Cochard qui sont personnelles]