"Fais attention"..., cette angoissante injonction à la prudence

Quand j’ai annoncé à mon entourage que je voulais faire du WWOOFing, on m’a recommandé de “faire attention”. A quoi ? Comment ? Je l’ignore toujours mais cette phrase, bien que prononcée avec les meilleures intentions du monde, m’a trottait dans la tête par la suite...

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L’envie de faire demi-tour

Tout quitter pour changer de vie est une grande décision à prendre. Beaucoup de personnes rêvent de sauter le pas mais peu le font au final. Ceux qui le sautent en revanche s’entendent généralement dire “fais attention”. J’ai subi cette phrase avant chaque gros tournant de ma vie.  Je dis “subir” car elle a toujours résonné comme une sorte de menace à mes oreilles, comme un sous-entendu que quelque chose allait mal se passer. Mais pourquoi me la dire là, maintenant, quand je prends enfin des actions pour concrétiser mes rêves ? Cette injonction à la prudence, sous ces airs de bienveillance, me fait à chaque fois l’effet d’un uppercut dans l’estomac. Soudain, je me mets à douter. Dans ma tête s’enchaînent tout un tas d’éventualités qui me figurent dans une situation dangereuse. Et surgit alors l’envie de rebrousser chemin. Je me dis que mon interlocuteur est plus lucide que moi, que j’ai perdu les pédales et que mes pieds doivent vite revenir sur terre si je ne veux pas terminer découpée en morceaux dans un ravin.

 

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Les craintes fantasmées vs les craintes réelles

Au fil de mes expériences (et de mes départs au bout du monde), j’ai compris que mon interlocuteur n’était pas nécessairement plus lucide que moi. Au contraire, il était souvent plus ignorant puisqu’il n’avait pas effectué toutes les recherches que j’avais faites. Par conséquent, il associait des craintes fantasmées à mon projet plutôt que des craintes réelles. Ces craintes que j’appelle “fantasmées” sont souvent le fruit de préjugés ou de retour de mauvaises expériences entendues au détour d’une conversation. Elles ne reflètent pas les probabilité de danger d’une situation. En fait, ces craintes fantasmées sont souvent les mêmes qui empêchent votre interlocuteur de sauter lui-même le pas pour réaliser ses rêves.

 

 

 

Un aventurier averti en vaut deux

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Mais s’il avait raison ? Je crois que c’est ce doute-là qui est le plus difficile à surmonter. Mais si, après toute mon énergie et mes recherches investies dans mon projet, mon entourage avait raison de m’avertir du péril de mon aventure ? Il n’y a qu’une seule façon de s’en assurer : multiplier les sources d’informations compétentes et être ouverte aux mauvaises nouvelles. En effet, il ne s’agit pas de se braquer à tout prix sur la réalisation votre projet si celui-ci comporte de gros risques relayés par plusieurs personnes. Fouillez le net, cherchez des témoignages, interrogez des personnes ayant vécu une expérience similaire à celle dans laquelle vous souhaitez vous lancer. Ce n’est qu’à travers ces témoignages concrets que vous pourrez déduire les risques réels. Intéressez-vous à des profils similaires au vôtre également : un homme qui fait le tour du monde seul ne rencontrera assurément pas les mêmes risques qu’une femme qui fait le tour du monde seule par exemple. Ce n’est qu’une fois que vous aurez réuni assez de témoignages que vous déterminerez la faisabilité de votre projet. Alors n’écoutez plus les conseils de Tonton Jacques le Pantouflard ! Certes, il veut votre bien, mais ses conseils sur l’ascension du Mont Everest ne sont sans doute pas les plus avisées !

 

Et quant aux rabat-joie qui nous martèlent de faire attention à l’approche du départ, voici un échantillon d’alternatives positives et constructives :

  • Quelle chouette aventure ça va être !
  • Tu m’enverras des photos !
  • Profite bien !
  • Amuse-toi bien !
  • Dis-m’en plus sur ton projet, ça m’intéresse !

A bon entendeur....